Conséquences du confinement sur les EHS : courrier à Emmanuel Macron et témoignages

Courrier demandant la prise en compte de l’électro-hypersensibilité par les pouvoirs publics dans le contexte du Covid-19.

Courrier adressé à Emmanuel Macron

Le 3 avril 2020, à l’initiative de l’association POEM26 et du collectif Santé Sans Onde (SSO), un courrier a été adressé au Président Emmanuel Macron.

Ce courrier a également été envoyé aux personnalités politiques : Messieurs Édouard Philippe, 1er Ministre et Jean-Michel Blanquer, Ministre de l’Éducation nationale, Mesdames Élisabeth Borne, Ministre de la transition écologique et solidaire ; Muriel Pénicaud Ministre du travail, Marlène Schiappa secrétaire d’État auprès du 1er Ministre, chargée de l’Égalité entre les hommes et les femmes et de la lutte contre la discrimination ainsi qu’aux Présidents de Région et aux Maires.

Ce courrier va être aussi envoyé aux organismes de santé : l’ANSES (Agence Nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail), les Conseils de l’ordre (médecins, kinésithérapeutes, infirmières, sages-femmes), aux ARS (Agences Régionales de Santé) et à divers organismes de Santé et de Soin. Robin des toits a également écrit aux ARS.

Ce courrier a été cosigné par les 9 associations suivantes : Association Zone Blanche (AZB), Robin des Toits, PRIARTEM-Électrosensibles de France, Cœurs d’EHS, Association Zone Blanche « Vallée de l’Artillac », SOS MCS, Family Ondes, Débranche et Ly’Ondes.

Ce courrier demandait la prise en compte de l’électro-hypersensibilité par les pouvoirs publics dans le contexte du Covid-19 et alertait notamment sur l’aggravation de l’état de santé des personnes EHS, exposées chez elles lors du confinement. 9 témoignages ont été annexés à ce courrier.

Assouplissement des sorties des personnes handicapées

Le 2 avril 2020, le Président de la République a annoncé que les conditions de sortie pour les personnes en situation de handicap et leur accompagnant sont désormais assouplies.

Malheureusement cet assouplissant ne concerne que les personnes pouvant justifier de leur handicap, ce qui est loin d’être le cas de toutes les personnes électrosensibles !

Témoignages de personnes EHS sur les conséquences du confinement

Vidéo réalisée par Antoine Laville, musicien électro-hypersensible.

Voici des témoignages reçus par l’association Cœurs d’EHS, dont les sept annexés au courrier adressé au Président.

« Je suis confinée à Pertuis (Vaucluse) dans un studio déjà ordinairement exposé aux ondes électromagnétiques (Linky, antennes relais, Wi-Fi et portables du voisinage, etc.). Je survivais en tant « normal » en allant tous les jours dans deux zones de campagne moins exposée, à 30 km de chez moi. Du fait du confinement, je suis exposée aux OEM en permanence. De plus, cette exposition est plus forte étant donné que tout le monde est connecté et à domicile. Malgré un certificat médical attestant de l’aggravation de mes symptômes depuis le confinement et de la nécessité absolue de sortir de la ville, je ne suis pas autorisée à le faire. Je me suis entretenue avec le commissariat de Pertuis, il m’a été conseillé de payer les amendes et de contester « après ». Je n’ai pas les moyens financiers de le faire, ni la force morale de vivre cette confrontation de manière quotidienne. Quid de la peine de prison quand on est EHS ? Me promener en ville m’expose aux antennes et aux lignes électriques. Je n’ai trouvé aucun espace abrité. Les supermarchés me sont interdits, en raison des files d’attente sous les antennes et avec les portables. L’usage du téléphone relié à la box m’est très difficile. Vivant seule, je suis donc totalement isolée, ne voyant personne et ne pouvant échanger que brièvement par téléphone ou par mail. »
Christine H

 « Je suis électrosensible et le confinement est difficile à vivre dans le sens où il ne me permet plus d’aller me ressourcer dans un lieu sans ondes (forêt, maison de campagne, …) quand mon seuil de tolérance est dépassé et que je commence à trop souffrir du « trop plein » de CEM. Or avec le confinement, les journées sont plus compliquées, avec des fatigues, douleurs, coups de chaleurs, plus fréquents, dus, je pense, au surcroît d’ondes générées par toutes les personnes « connectées » pour du télétravail, les cours à la maison, etc. dans le voisinage. Depuis plusieurs mois, je dors dans mon sous-sol, endroit le moins exposé aux ondes venant du dehors, mais depuis le confinement, je n’arrive plus à y faire des nuits complètes. Certains jours je ne supporte pas du tout le soleil extérieur. J’ai mal à la tête après seulement quelques minutes d’exposition. Une antenne WiMax a été installée récemment près de chez moi, sur un gymnase, sans que nous en soyons avertis. Je ne sais pas dans quelle mesure cela impacte mes journées et mes nuits. Mais pour nous, personnes électrosensibles, chaque augmentation des émissions de CEM est une souffrance supplémentaire, et avec le confinement, nous nous retrouvons dans un piège terrible, sans possibilité de pouvoir nous « évader » pour nous décharger. Merci de nous aider, par un moratoire sur le déploiement des antennes relais, la promotion des réseaux filaires auprès de la population, la possibilité de sortir pendant le confinement dans des zones peu exposées. »
Régine T

« Le confinement, à cause de la présence constante des voisins et de l’usage plus intensif des outils connectés compliquent notre mode de vie déjà très impacté en temps normal. De plus, nous ne pouvons pas aller nous mettre au vert pour soulager quotidiennement les désagréments physiques de l’électro-smog. La vie en immeuble sans accès à la mise à la terre et à la verdure est insupportable. »
Myren S

« J’ai vu votre appel à témoignage pour l’électrosensibilité. J’en souffre depuis plusieurs années mais ces temps-ci, ma santé s’est dégradée suite à la construction de nouveaux immeubles au bout de ma rue et le déploiement de nouvelles antennes posées dessus. J’ai l’impression de brûler intérieurement du matin au soir, avec des maux de tête terribles et du mal à me concentrer dans mes activités. J’ai commandé du tissu anti ondes, je dors (très peu) roulée dedans, je me suis fait pour la journée un foulard et une cape. J’allais en journée marcher sur les bords de Seine, où les ondes semblent moins fortes. Depuis le confinement, les berges sont fermées. Je souffre beaucoup, je suis épuisée. Merci de votre écoute. »
Claire V

« Étant moi-même EHS, je peux témoigner de mon quotidien, habitant dans une résidence immobilière de 3 immeubles. Devant nos balcons nous avons depuis environ 5 ans une clinique de soins de suites et réadaptation juste devant « notre nez »! Les 2 derniers étages sont purement administratifs et sans rapport avec la clinique. Or, depuis le confirment, ces 2 étages ne fonctionnent plus et ça fait du bien !!! (…)
Mais le confinement amène les voisins à utiliser à outrance presque H24 tous les systèmes de connexions sans pourtant en avoir l’utilité, sans compter les box en Wi-Fi, les portables en Wi-Fi, les compteurs intelligents et leurs concentrateurs, etc. (…)
Tous les jours je sens comme un curetage à l’intérieur de mon rachis cervical, dorsal et mon crâne, comme si on me grattait les os de l’intérieur. C’est intenable ! Et très très désagréable à vivre !!! Mon médecin m’a dit de ne pas hésiter à augmenter les doses de Valium mais ça ne résout pas les problèmes. (…) »
Claudia G

« Je suis électro-hypersensible aux ondes électromagnétiques et ce n’est pas évident pour moi de ne pas pouvoir sortir car il y a mes voisins qui sont connectés en wifi toute la journée car ils sont en télétravail. Leurs enfants suivent leurs études sur ordinateurs. 
D’habitude, j’allais dans la forêt pour me ressourcer mais là, je ne peux plus à cause du confinement. J’allais à la campagne alors que là toujours à cause du confinement, je ne peux plus. Je ne peux plus me ressourcer.
Les ondes sont décuplées. J’ai des migraines, des nausées, des problèmes gastriques, des étourdissements. D’habitude, j’arrive à gérer plus ou moins bien mais là plus du tout !! »
Dominique D

« Je fais partie des milliers de personnes qui souffrent profondément et régulièrement d’un SICEM (syndrome (idiopathique) d’intolérance aux champs électromagnétiques). Je suis privilégié car même si je vis dans une maison quasi insalubre, elle était jusqu’il y a peu, préservée car isolée. Malheureusement le déploiement des compteurs Linky et la distribution du CPL G3 et cette technologie, associé au CPL domestique déjà présent, à soudainement pollué tout mon habitat depuis des mois, je cherche à nouveau une solution. C’est à nouveau l’errance.
Alors bien sur dans ce confinement obligatoire il ne m’est pas possible de rester cloitré dans une maison irradiée, ma santé, mon immunité, ma vie en dépend. Je vis à l’extérieur le plus possible en n’exposant personne alors que toute la société par la force des choses, m’expose aux champs électromagnétiques. Je ne peux donc pas respecter pleinement les consignes de confinement. Merci de votre prise de conscience et compréhension. »
Olivier L

Dommage collatéral dans l’indifférence générale.
Dans la région de Rennes, je suis dans un immeuble sous les rampants sans aucune protection. Les rayonnements sont présents et démultipliés en ces temps de confinement avec 6 antennes relais à proximité, le Linky, les autres sources voisines : Wi-Fi, Bluetooth etc.
J’ai des acouphènes qui ressemblent au bruit du papier alu froissé 24/24 H dans le cerveau et les oreilles et qui altèrent mon système neurovégétatif et vasculaire (vacillements, vibrations, marbrures, tachycardies etc.). J’ai les oreilles rouges, chaudes, douloureuses ; des douleurs type brûlures et fourmillements dans les membres qui m’empêchent de marcher et d’exécuter toute tâche banale (cuisine, vaisselle, lavage etc.). Mon état est tellement critique que je ne supporte plus aucune source CEM. Je n’en peux plus.
Les médecins sont en majorité dans le déni et méprisants (même si j’ai été diagnostiquée EHS) et je suis en train de mourir à petits feux dans cet appartement, sans issue…

Nathalie B

Depuis le confinement ils ont augmenté les ondes électromagnétiques. J’ai des douleurs au cœur, des maux de tête, des vertiges et des bourdonnements d’oreille. C’est horrible ! J’ai l’impression que mon cœur va lâcher.  A cause des antennes-relais, j’ai déjà vécu avec mon enfant des choses horribles et vu les dégâts que ça faisait sur les gens.
Sandrine R

Électrosensible depuis fin 2017, je suis obligée de sortir dans des zones sans Wifi ni antennes relais. Or, les sorties étant limitées à 1 kilomètres autour de chez soi, je ne peux plus aller me promener comme je le souhaiterais.
J‘habite actuellement à 800 m du bord de mer de ma ville, interdit à la balade en ce moment, mais où des bornes Wifi rayonnent en permanence…
Face à mon lieu de vie se trouvent des antennes au niveau du clocher de l’église à 200 m. Des antennes-relais situées à 600 m, et à un peu plus d’1 km à l’entrée de la ville rayonnent à proximité.
Or sortir, marcher et prendre l’air régulièrement me permet de faire travailler et réguler le foie etc. Alors je sors très tôt le matin – vers 7h30 pour éviter de croiser les accros du téléphone portable… Et je fais un tour dans des endroits que je sais être « moins » exposés malgré les bornes Wifi (particuliers, banques, commerces..) et les antennes.
De plus je suis très gênée par le Bluetooth et j’ai entendu parler d’applications qui permettraient de géolocaliser les personnes malades du Covid-19 par ce biais, ce qui me procure un stress car je ne supporte plus cette technologie (brûlures au niveau du crâne / maux de tête violents). Dans ce cas je ne pourrais plus sortir.

Laure M

EHS depuis 4 ans, je ne supporte pratiquement plus les lieux publics, l’électricité et tout ce qui est connecté. Depuis le confinement, ne pouvant prendre ma voiture pour aller dans les rares zones dites encore un peu « blanches » pour évacuer cet électro-smog que mon corps ne supporte plus, le fait d’utiliser un peu plus l’électricité, l’ordi et le téléphone, même en filaire (pour ne pas augmenter ma désocialisation), me rajoute en plus des symptômes habituel de l’arythmie. Et que font nos dirigeants pendants ce temps ? Ils donnent le feu vert pour la pose de nouvelles antennes (5G et autres) et les gens n’ont toujours rien compris, ils ne regardent que le débit et la connexion.
Pauvre humanité ! RÉVEILLEZ VOUS !
Joël C

Depuis le confinement, comme tous mes voisins doivent rester en permanence chez eux et/ou font du télétravail, la pollution électromagnétique dans mon immeuble et, en conséquence, dans mon appartement a considérablement augmenté entre 08:00 et 22:00, avec notamment des pics entre 10:00-13:00 et 14:00 et 18:00.

Voici les principaux symptômes que je ressens :
– fatigue généralisée ;
– je me sens totalement épuisée et vidée de toute énergie ;
– j’ai des vertiges et la tête qui tourne ;
– j’ai des raideurs et douleurs très aigües au niveau des muscles ;
– à ces heures, il est impossible pour moi de me concentrer et d’avoir une quelconque activité intellectuelle, ne serait-ce que la lecture.

Florence

Bonjour, Pour faire simple, depuis le confinement mes maux de tête dus aux ondes se sont amplifiés à cause du télétravail de mes voisins. J’ai mal partout autour et dans les oreilles, avec des sifflements intenses. Ma nuque est endolorie. Une sensation de brûlure dans les os et au niveau du cerveau. Au petit matin je me réveille avec mal au cœur et sur le côté gauche jusque dans le bras de ce même côté. L’impression que mon sang n’arrive plus à circuler. Mon corps est engourdi et fourmille. Je me sens très fatiguée. Je n’arrive plus à me concentrer. C’est une situation très anxiogène ! Ceci est mon témoignage et j’accepte sa diffusion. Belle journée.
Isabelle L

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *